Tabagisme et cancer, rôle des substances de combustion

 

Le tabagisme est aujourd’hui reconnu comme le premier facteur de risque évitable de cancer au monde. Ce lien étroit entre fumer et développer des tumeurs malignes repose avant tout sur l’exposition répétée à une fumée complexe contenant des centaines de composés dangereux produits lors de la combustion du tabac. Ces substances altèrent l’ADN des cellules et favorisent la transformation cancéreuse.

Qu’est‑ce qui rend la fumée de tabac si nocive ?

Quand on brûle une cigarette, une chicha, un cigare ou toute autre forme de tabac à fumer, la feuille de tabac et ses additifs subissent une combustion à haute température. Cette réaction chimique libère plus de 7 000 substances différentes dans l’air que l’on inhale. Parmi elles, au moins 70 sont des cancérigènes reconnus, c’est‑à‑dire des composés qui favorisent directement le développement de cancers.

Voici quelques‑unes des substances particulièrement problématiques que l’on retrouve dans la fumée :

  • Benzène: un hydrocarbure aromatique polycyclique (HAP) lié à des cancers du sang et du poumon.
  • Arsenic, chrome, nickel, cadmium : métaux lourds qui perturbent le fonctionnement cellulaire.
  • Formaldéhyde: un carbonyle qui peut provoquer des mutations de l’ADN.
  • Nitrosamines spécifiques du tabac (TSNAs) : parmi les plus puissants cancérigènes connus dans la fumée.
  • Éléments radioactifs (polonium‑210) : présents du fait des engrais et du sol dans lequel le tabac a poussé.

 

Ces composés ne sont pas tous présents naturellement dans la plante : beaucoup se forment ou se concentrent précisément par la combustion. C’est la chaleur qui transforme des substances inoffensives en agents capables de perturber gravement les cellules humaines.

Pourquoi ces substances causent‑elles le cancer ?

Le cancer est avant tout une maladie de mutations : un dérèglement des mécanismes qui contrôlent la croissance et la réparation de l’ADN. Les substances cancérigènes de la fumée de tabac peuvent :

  • Endommager directement l’ADN des cellules des voies respiratoires.
  • Entraver la réparation de l’ADN, laissant des mutations s’accumuler.
  • Provoquer une inflammation chronique, qui stimule la prolifération cellulaire et favorise les erreurs génétiques.

 

Au fil du temps, ces dommages s’accumulent. Plus une personne fume longtemps et régulièrement, plus elle est exposée à ces mutations, et donc plus le risque qu’une cellule devienne cancéreuse augmente.

Quels cancers sont liés au tabagisme ?

Le cancer du poumon est l’exemple le plus emblématique : plus de 8 cas de cancer du poumon sur 10 sont attribuables au tabagisme. Mais le tabac ne cause pas seulement des cancers du poumon. Il est impliqué dans le développement d’au moins 17 types de tumeurs différentes à travers le corps.

Parmi les cancers les plus fréquents liés au tabagisme, on trouve :

  • Voies aérodigestives supérieures : bouche, gorge, larynx, œsophage.
  • Vessie et reins.
  • Pancréas, estomac, foie.
  • Col de l’utérus, colon‑rectum, leucémies.

 

Ceci s’explique par le fait que la fumée inhalée traverse ou entre en contact avec de nombreux tissus, tandis que le sang transporte certains composés cancérigènes vers d’autres organes.

Le tabagisme passif : une exposition dangereuse

Même lorsqu’on ne fume pas, respirer la fumée d’un fumeur augmente significativement le risque de cancer, notamment du poumon.

La fumée secondaire contient la même combinaison de substances cancérigènes que celle inhalée directement, ce qui explique pourquoi les non‑fumeurs exposés régulièrement à cette fumée présentent un risque accru de tumeurs malignes.

Il est important de préciser que la nicotine n’est pas elle‑même considérée comme cancérigène. Elle est surtout responsable de la dépendance physique au tabac. Ce sont les produits de combustion contenus dans la fumée qui causent des dommages cancérigènes.

Cela explique pourquoi même fumer moins ou utiliser des cigarettes dites “light” n’élimine pas le risque : la fumée contient toujours les mêmes composés toxiques.

Arrêter de fumer réduit‑t‑il le risque ?

Les bénéfices d’un arrêt du tabac sont réels et rapides pour la santé générale. Même si une partie des dommages déjà causés ne peut pas être complètement annulée, le risque de développer un cancer diminue progressivement après l’arrêt, car l’exposition aux agents cancérigènes cesse.

Cela signifie qu’il n’est jamais trop tard pour arrêter, et chaque année sans tabac réduit le risque d’apparition de tumeurs par rapport à une exposition continue.

 

Sources :

 

https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/tabac/risques-tabagisme

https://www.cancer.org/cancer/risk-prevention/tobacco/carcinogens-found-in-tobacco-products.html

https://en-www.cancer.fr/toute-l-information-sur-les-cancers/prevenir-les-risques-de-cancers/facteurs-de-risque-lies-aux-modes-de-vie/tabac/le-premier-facteur-de-risque-evitable-de-cancers

https://www.cdc.gov/cancer/risk-factors/tobacco.html

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