Pourquoi les fumeurs hésitent encore à utiliser les substituts nicotiniques

À l’occasion de la Journée mondiale de la santé 2026, centrée sur la recherche, l’analyse des intentions des fumeurs actifs vis-à-vis des substituts nicotiniques met en lumière un enjeu majeur de santé publique, malgré leur efficacité démontrée, leur adoption reste limitée.

Une intention de recours encore minoritaire

L’enquête OpinionWay révèle que les fumeurs exclusifs de tabac sont encore relativement peu nombreux à envisager l’utilisation de substituts nicotiniques dans le futur.

En France, seuls 37 % des fumeurs déclarent qu’ils pourraient y recourir, dont une minorité affirmant une intention forte.

Ce niveau reste inférieur à celui observé dans d’autres pays européens, comme le Royaume-Uni (51 %) ou la Belgique (41 %), traduisant des différences nationales importantes dans les dynamiques de sevrage.

Ces résultats soulignent un paradoxe, alors même que les substituts nicotiniques sont largement connus et perçus comme efficaces, leur adoption potentielle reste limitée chez certains fumeurs.

Des blocages encore mal compris

Cette faible intention de recours pose la question des freins au sevrage. Ceux-ci ne semblent pas uniquement liés à l’offre disponible, mais davantage à des facteurs liés aux perceptions et aux représentations.

Dans ce contexte, le thème de la recherche porté par la Journée mondiale de la santé prend tout son sens. Mieux comprendre les blocages  qu’ils soient psychologiques, sociaux ou informationnels  constitue une étape essentielle pour améliorer les stratégies de prise en charge du tabagisme.

Les travaux récents de l’Agence nationale de sécurité sanitaire, ANSES, rappellent pourtant que les substituts nicotiniques disposent d’un profil de sécurité et d’efficacité favorable dans les démarches de sevrage.

Le type de substitut, un facteur secondaire

Un enseignement important de l’enquête concerne le choix des produits. Les fumeurs intéressés par les substituts nicotiniques ne semblent pas privilégier un mode de substitution unique.

Les patchs (67 %), les chewing-gums (62 %) et les cigarettes électroniques (48 %) sont envisagés à des niveaux relativement proches.

Cela suggère que le type de substitut n’est pas un frein majeur à l’engagement dans une démarche de sevrage. L’enjeu ne réside donc pas tant dans la diversification de l’offre que dans l’accompagnement des fumeurs vers son utilisation.

Une motivation centrée sur la réduction du tabac

Lorsqu’ils envisagent de recourir aux substituts nicotiniques, les fumeurs expriment des motivations claires :

  • diminuer leur consommation de tabac
  • arrêter complètement de fumer

Ces motivations représentent jusqu’à 67 à 75 % des réponses selon les pays.

Cela montre que le recours aux substituts s’inscrit majoritairement dans une logique de promotion de la santé, et non dans une logique de promotion de nouveaux types de consommation de nicotine.

Un enjeu central pour les politiques de santé publique

L’écart entre efficacité démontrée et intention d’usage constitue aujourd’hui un défi majeur.

Les substituts nicotiniques ont prouvé leur utilité dans le sevrage tabagique, mais leur potentiel reste sous-exploité en raison de freins encore insuffisamment compris.

Dans ce contexte, la Journée mondiale de la santé rappelle l’importance de renforcer la recherche, mais aussi l’accès aux soins et à l’accompagnement. Il s’agit non seulement de développer des solutions, mais aussi de mieux comprendre les comportements des fumeurs.

Mieux accompagner pour améliorer le sevrage

L’enquête OpinionWay met en évidence un point clé, certains fumeurs exclusifs ne rejettent pas les substituts nicotiniques, mais hésitent encore à y recourir.

Réduire cette hésitation suppose :

  • de mieux informer sur leur efficacité et leur sécurité
  • d’identifier les freins spécifiques à chaque contexte national
  • de renforcer l’accompagnement dans les parcours de sevrage

Dans une perspective de santé publique, lever ces obstacles constitue un levier essentiel pour réduire durablement le tabagisme et ses conséquences.

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