Forum francophone sur la nicotine de Genève : Le Dr. Marileine Kemme Kemme revient sur la question des alternatives.

Dans cet échange, nous recevons la Dr. Marileine Kemme Kemme, médecin camerounaise et experte reconnue en addictologie. Elle nous présente un état des lieux du tabagisme au Cameroun et nous explique pourquoi la réduction des risques est, selon elle, une démarche profondément humaniste et inclusive.

 

Quelle est la réalité du tabagisme et l’accès aux soins au Cameroun ?

Au Cameroun, la prévalence du tabagisme s’élève à environ 4,6 %, avec une disparité marquée entre les hommes (8,9 %) et les femmes (0,3 %). Si l’accès aux soins de sevrage reste encore limité, une dynamique positive s’installe :

  • Plan National Stratégique 2024-2030 : Le gouvernement camerounais a mis en place un plan de lutte contre les drogues qui intègre désormais la réduction des risques (RdR) comme un axe nouveau et majeur.
  • Amélioration de la prévention : Des efforts importants sont déployés pour faciliter l’accès aux soins et prévenir les comportements à risque liés au tabac sur l’ensemble du territoire.
 

Pourquoi l’acceptabilité sociale de la réduction des risques est-elle un enjeu majeur ?

Pour la Dr. Kemme Kemme, la réduction des risques dépasse le cadre purement médical. C’est une vision holistique qui remet l’être humain au centre :

  • Dignité et Inclusion : Cette démarche s’adresse particulièrement aux populations marginalisées qui n’ont pas toujours accès aux structures sanitaires classiques.
  • Resocialisation : En adoptant une posture bienveillante et non stigmatisante, on aide les usagers à se reconnecter à la citoyenneté et à la société.
  • Approche humaine : La RdR est perçue comme un outil de justice sociale, traitant chaque individu avec respect, quelles que soient ses difficultés avec l’addiction.
 

Les 4 priorités pour les autorités sanitaires internationales

Interrogée sur les messages à transmettre aux instances mondiales et françaises, la Dr. Kemme Kemme préconise quatre piliers d’action :

  1. Santé Mentale : Faire de la préservation de la santé mentale et de la promotion des comportements sains un pilier central de la prise en charge globale.
  2. Communication Scientifique : Démystifier la science pour la rendre accessible et compréhensible par toutes les populations.
  3. Vulgarisation de la RdR : Intégrer la réduction des risques dans toutes les formations sanitaires et organisations de santé.
  4. Recherche et Données Probantes : Favoriser une recherche multisectorielle et concertée pour soutenir le plaidoyer avec des réalités concrètes issues du terrain.

« La réduction des risques est une démarche inclusive qui prend en compte la dignité humaine et permet de reconnecter les individus à la société. » – Dr. Marileine Kemme Kemme

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