Éclairages d’expert sur la nicotine et la santé publique
Dans cette interview exclusive, nous recevons le Dr. Jean-François Etter, chercheur de renom en santé publique et professeur à l’Université de Genève. Expert mondialement reconnu pour ses travaux sur la dépendance tabagique, il nous livre son analyse sur les données scientifiques récentes et les enjeux politiques entourant les alternatives à la combustion.
À travers son regard de chercheur, découvrez pourquoi le décalage entre la science et les politiques de santé publique freine la lutte contre le tabagisme.
Quelles données récentes devraient orienter les décisions politiques en matière de nicotine ?
Selon le Dr. Jean-François Etter, l’exemple le plus frappant se trouve au Japon. Au cours des dix dernières années, les ventes de cigarettes traditionnelles ont chuté de 50 %. Cette baisse historique s’explique majoritairement par l’adoption massive des produits de tabac chauffé, qui agissent comme des substituts efficaces à la cigarette combustible.
D’autres données encourageantes proviennent de pays ayant adopté des politiques de prévention pragmatiques :
- États-Unis : Réduction significative du tabagisme chez les jeunes.
- Norvège et Nouvelle-Zélande : Des résultats probants grâce à l’ouverture aux alternatives nicotiniques.
Comment expliquer le décalage entre les preuves scientifiques et la perception des décideurs ?
Le chercheur pointe du doigt un phénomène alarmant de désinformation. Des études, notamment le Smoking Toolkit Study en Angleterre, montrent une dégradation de la perception du public au fil du temps.
De plus en plus de citoyens pensent, à tort, que les produits sans combustion sont aussi dangereux que la cigarette classique. Cette perception fausse est le résultat direct d’une communication biaisée qui occulte la réalité scientifique : l’absence de combustion réduit drastiquement les risques pour la santé.
Quelles sont les trois priorités pour la COP11 afin d’améliorer la santé publique ?
Pour le Dr. Etter, la COP11 doit impérativement changer de cap en suivant trois axes majeurs :
- Remettre la science au centre : Prioriser les faits plutôt que de mener des campagnes idéologiques contre la réduction des risques.
- Transparence et démocratie : Sortir de la « bulle de pensée unique » en ouvrant les débats aux acteurs qui promeuvent la réduction des risques, actuellement exclus des discussions.
- Indépendance financière : Cesser de dépendre des financements de fondations privées, comme la fondation Bloomberg, dont l’influence peut biaiser la neutralité scientifique de l’OMS et des ONG participantes.
« La COP11 devrait remettre la science au centre de ses préoccupations plutôt que de mener une campagne contre la réduction des risques. » — Dr. Jean-François Etter





