Belgique : le point sur les tendances et perceptions à propos des alternatives nicotiniques 

 

L’enquête internationale réalisée par OpinionWay en mai 2025, auprès de plus de 10 000 personnes en Europe dont 2 016 Belges, permet d’explorer les comportements et perceptions liés à la consommation de nicotine en Belgique. Les résultats révèlent un pays partagé entre tradition tabagique et ouverture progressive aux alternatives, mais aussi des spécificités dans la manière dont les substituts sont perçus. Le point sur les alternatives nicotiniques en Belgique.

Une consommation où le tabac reste très présent

En Belgique, 34 % des répondants déclarent fumer des cigarettes de manière quotidienne ou occasionnelle. Ce chiffre, bien que légèrement inférieur à celui observé en Italie, reste significatif et témoigne d’un ancrage solide du tabac dans les habitudes.

La cigarette électronique attire 23 % des Belges, un taux inférieur à celui du Royaume-Uni ou de l’Italie. Les patchs (18 %) et les gommes à la nicotine (14 %) trouvent aussi leur public, tandis que les sachets de nicotine demeurent marginaux (2 %).

Cette diversité d’usages reflète une adoption progressive des substituts, mais sans véritable bascule massive vers les alternatives comme observé ailleurs en Europe du Nord.

Les alternatives nicotiniques, principalement utilisés par d’anciens fumeurs

Parmi les consommateurs actuels ou passés de substituts, 90 % des Belges étaient fumeurs auparavant. Les produits sont donc majoritairement perçus comme des outils de transition, destinés à réduire ou arrêter le tabac.

Les motivations principales sont claires : 41 % souhaitent réduire leur consommation de tabac et 37 % veulent l’arrêter complètement. D’autres raisons comme la praticité, le goût ou le prix sont citées mais restent secondaires. Cela confirme que la fonction première des substituts est bien l’accompagnement au sevrage.

Une efficacité reconnue mais légèrement en retrait

Les substituts sont jugés utiles, mais la perception de leur efficacité est plus nuancée qu’au Royaume-Uni ou en Italie. 76 % des Belges estiment que les substituts les ont aidés à réduire leur consommation de tabac, et 61 % considèrent qu’ils les ont aidés à arrêter totalement.

Si ces résultats traduisent un impact positif, ils restent inférieurs aux scores enregistrés dans d’autres pays, ce qui peut expliquer une adoption moins massive en Belgique.

Belgique : des perceptions contrastées selon les produits nicotiniques

L’étude met en évidence des différences notables dans la perception des substituts :

  • La cigarette électronique est jugée accessible (59 %) et efficace pour réduire le tabac (27 %). Toutefois, elle souffre d’une image négative : 42 % des Belges la considèrent plus dangereuse que le tabac. C’est l’un des pays où la défiance envers la vape est la plus marquée.
  • Les patchs et les gommes sont mieux perçus en matière d’efficacité et de sécurité, confirmant leur statut de substituts classiques et rassurants.
  • Les sachets de nicotine restent quasiment absents du paysage belge : peu connus, peu utilisés, et rarement cités comme efficaces ou agréables.

Ces perceptions montrent que la cigarette électronique peine à s’imposer pleinement comme une alternative crédible, contrairement à d’autres marchés européens.

Intentions futures : un potentiel encore à développer

Parmi les fumeurs exclusifs de tabac, 41 % des Belges déclarent vouloir recourir aux substituts nicotiniques à l’avenir. Ce chiffre, bien qu’inférieur à celui du Royaume-Uni ou de l’Italie, traduit néanmoins une volonté de changement pour une part significative de la population.

Les produits les plus envisagés sont :

  • les patchs de nicotine (56 %),
  • les gommes (61 %),
  • la cigarette électronique (73 %).

Fait notable : la proportion de fumeurs prêts à essayer la vape est la plus élevée en Belgique, malgré la perception négative d’une partie de la population. Cela reflète une ambivalence entre méfiance et curiosité.

Un fort appel à l’action publique

L’enquête révèle que 60 % des Belges estiment que les pouvoirs publics devraient encourager l’usage des substituts nicotiniques. Ce chiffre, bien que légèrement inférieur à la moyenne européenne, reste significatif.

De plus, 74 % des Belges souhaitent une réglementation sur les sachets de nicotine et 64 % sur les cigarettes électroniques aromatisées. Ce désir d’encadrement témoigne d’une attente forte vis-à-vis des autorités, autant pour sécuriser les produits que pour éviter un usage détourné.

Cependant, l’étude souligne aussi que 68 % des utilisateurs de cigarettes électroniques et 72 % des consommateurs de sachets seraient tentés d’acheter à l’étranger ou en ligne en cas d’interdiction. Cela illustre les limites d’une approche trop restrictive, qui risquerait de favoriser les circuits parallèles ou un retour au tabac.

Une dynamique en demi-teinte

La Belgique affiche une dynamique contrastée : une population consciente de l’efficacité des substituts, mais une image dégradée de la cigarette électronique qui freine son adoption. Les patchs et les gommes apparaissent comme les solutions les plus rassurantes, tandis que les sachets de nicotine restent quasiment absents du marché.

Le potentiel de développement existe, avec plus de 40 % des fumeurs prêts à envisager une transition, mais il dépendra largement de l’accompagnement public et de la capacité à rétablir la confiance dans les alternatives modernes.

La Belgique se situe donc à un carrefour : soit elle renforce sa stratégie de réduction des risques en soutenant activement les substituts, soit elle risque de rester en retrait par rapport aux pays européens les plus avancés.

 

Sources :

Sondage Opinion Way

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