L’enquête internationale réalisée par OpinionWay en mai 2025 auprès de plus de 10 000 Européens, dont 2 009 Italiens, apporte un éclairage précieux sur la consommation de nicotine et la perception des substituts dans la péninsule. Entre cigarettes traditionnelles encore bien présentes et alternatives en progression, le paysage italien révèle des particularités marquées.
Une consommation encore dominée par le tabac
En Italie, le tabac traditionnel conserve une place forte. 46 % des répondants déclarent fumer des cigarettes quotidiennement ou occasionnellement, un chiffre supérieur à celui observé au Royaume-Uni ou en France. Cela confirme que la dépendance au tabac reste un enjeu majeur de santé publique en Italie.
Les cigarettes électroniques séduisent 39 % des Italiens, soit une proportion proche de celle du Royaume-Uni. Les sachets de nicotine, en revanche, restent marginaux : seulement 1 % des répondants en consomment, ce qui les place très loin derrière la Suède ou le Royaume-Uni.
En parallèle, 14 % utilisent les patchs et 13 % les gommes à la nicotine, des taux comparables à la moyenne européenne mais encore modestes au regard des niveaux de tabagisme.
Une majorité d’anciens fumeurs parmi les utilisateurs
Comme dans les autres pays, les substituts nicotiniques sont majoritairement utilisés par d’anciens fumeurs. 89 % des Italiens ayant recours à ces alternatives fumaient auparavant, la plupart quotidiennement. Cela confirme que les substituts sont avant tout perçus comme des aides au sevrage, et non comme de simples produits de consommation parallèle.
Les motivations avancées reflètent cette logique : 44 % veulent réduire leur consommation de tabac, 40 % cherchent à arrêter complètement, et 41 % apprécient la possibilité d’utiliser ces produits dans de nombreux contextes sociaux. Le goût et la praticité apparaissent également comme des leviers importants, traduisant une recherche d’expérience plus agréable que le tabac classique.
Une efficacité reconnue, mais nuancée
L’efficacité perçue des substituts en Italie est plutôt élevée. 88 % des utilisateurs estiment que ces produits les ont aidés à réduire leur consommation, et 77 % à arrêter totalement. Des résultats proches de ceux observés au Royaume-Uni, et supérieurs à ceux de la Belgique ou de la Suède.
Cela démontre que les Italiens reconnaissent la valeur des substituts comme outils de réduction des risques. Toutefois, leur adoption reste freinée par des habitudes de tabagisme encore très ancrées.
Des perceptions comparatives spécifiques
L’étude met en évidence des différences intéressantes dans la perception des divers produits :
- Les cigarettes électroniques bénéficient d’une image plus positive qu’ailleurs. 71 % des Italiens les jugent largement disponibles, et 49 % les trouvent agréables à utiliser. Elles sont également perçues comme efficaces pour réduire la consommation (43 %) et pour arrêter totalement (35 %).
- Les patchs et les gommes conservent une bonne réputation, notamment en matière d’efficacité.
- Les sachets de nicotine, en revanche, souffrent d’un déficit de notoriété et d’image. Seuls 8 % des répondants italiens les considèrent comme agréables à utiliser, et leur usage reste marginal.
Ainsi, l’Italie se distingue par une forte confiance accordée à la cigarette électronique, perçue comme une alternative moderne et pratique, mais sans adoption significative des nouveaux formats comme les sachets.
Intentions d’avenir : une ouverture modérée
Parmi les fumeurs exclusifs de tabac, 51 % des Italiens se disent prêts à utiliser des substituts nicotiniques à l’avenir, un score élevé qui traduit un potentiel de croissance important.
Les produits qui suscitent le plus d’intérêt sont :
- les patchs de nicotine (73 %),
- les gommes (61 %),
- et la cigarette électronique (43 %).
- Les sachets, en revanche, n’attirent que 11 % des fumeurs interrogés, confirmant leur faible ancrage culturel en Italie.
Les motivations principales restent cohérentes : 49 % souhaitent réduire leur consommation, 49 % veulent arrêter, et un tiers est sensible au prix. La dimension économique joue donc un rôle plus marqué qu’au Royaume-Uni.
Les attentes envers les pouvoirs publics
L’enquête révèle également un fort soutien à l’action publique. 77 % des Italiens estiment que les autorités devraient encourager les fumeurs à se tourner vers les substituts, soit le taux le plus élevé parmi les pays étudiés.
La demande de régulation est également forte : 80 % souhaitent encadrer l’usage des sachets de nicotine (âge minimum, vente réglementée), et 78 % soutiennent une réglementation des cigarettes électroniques aromatisées.
Ces chiffres témoignent d’une double attente : davantage de promotion des substituts comme alternatives au tabac, mais aussi un encadrement strict pour garantir leur sécurité d’utilisation.
Une dynamique contrastée
En résumé, le cas italien illustre un paradoxe : une confiance marquée dans l’efficacité des substituts et une forte ouverture à leur adoption future, mais un tabagisme encore très présent et une faible pénétration des formats les plus innovants comme les sachets.
La cigarette électronique apparaît comme l’alternative la plus crédible et la plus populaire, tandis que les patchs et gommes conservent une place importante. L’Italie montre donc une dynamique positive mais encore freinée par des habitudes culturelles et un attachement au tabac traditionnel.
Le soutien de la population à l’action publique constitue une opportunité majeure : en accompagnant davantage les fumeurs dans leur transition et en encadrant l’usage des substituts, l’Italie pourrait accélérer sa stratégie de réduction des risques et rejoindre les pays européens les plus avancés en matière de lutte contre le tabagisme.
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