Dans cette interview, nous discutons avec Elie Aboud, expert en santé publique et en médecine, il est spécialisé dans la lutte contre les addictions.
Il s’est particulièrement engagé dans la promotion des solutions de substitution nicotinique comme approche thérapeutique pour la réduction des risques du tabagisme.
Son expertise se nourrit d’une expérience concrète et de sa volonté de rendre les alternatives plus accessibles et mieux intégrées dans les politiques de santé publique.
Découvrez avec nous ses perspectives sur la réduction des risques liées au tabac et les stratégies pour une meilleure santé publique.
Comment permettre la réduction des risques en France ?
Écoutez, c’est très simple. Aujourd’hui, toutes les études cliniques ont démontré la morbidité et la mortalité cardiovasculaire et oncologique liées au tabagisme.
À partir de là, il y a un combat, le combat des médecins, le combat du législateur, le combat des médias. C’est un combat commun.
C’est de se baser sur des études cliniques factuelles qui démontrent que la substitution nicotinique fait baisser jusqu’à 40 à 50 % le taux d’arrêt du tabac.
Donc, quand on voit que ces démarches thérapeutiques nous amènent vers l’arrêt du tabac, on sait aujourd’hui que, quand on arrête le tabac, il y a une réversibilité.
Je l’ai dit tout à l’heure. Après une année d’arrêt du tabac, il y a une baisse de 50 % du risque de faire un infarctus du myocarde.
C’est énorme. Après 15 années, c’est la même moyenne que les non-fumeurs.
Je pense qu’il faut, pour résumer en deux mots, que la communauté scientifique parle de cette substitution comme une démarche thérapeutique, et que le législateur ne soit pas frileux pour diffuser ce message au grand public.
Au-delà des substitutions cliniques traditionnelles et des alternatives modernes, voyez-vous d’autres innovations ou approches émergentes qui pourraient jouer un rôle dans la réduction des risques liés au tabagisme ?
Honnêtement, je ne fais pas de recherche académique. Je ne suis plus dans la phase active de recherche.
Mais vous savez, aujourd’hui, entre les dispositifs transdermiques qui assurent une diffusion continue de nicotine sur 24 heures, et les alternatives comme les gommes, pastilles et sachets, enfin tout ce qu’on a aujourd’hui, je pense que c’est suffisant.
C’est gradué, c’est contrôlé, c’est efficace, c’est codifié.
Donc après, s’il y a d’autres méthodes, en tout cas je ne les connais pas. Mais avant de penser à de nouvelles solutions, il serait préférable d’optimiser celles que nous avons déjà. Malheureusement, ces méthodes ne sont pas encore optimisées.





