Le Chili adopte une approche innovante pour la réduction des risques et adopte les sachets de nicotine

En mars 2025, le Chili a franchi une étape importante dans la gestion des risques sanitaires liés au tabac en promulguant la loi n° 21.642. Cette législation vise à réglementer le vapotage et les sachets de nicotine, offrant ainsi une alternative plus sûre aux produits du tabac. Contrairement à certains de ses voisins d’Amérique latine, qui adoptent des politiques de prohibition, le Chili met l’accent sur une approche fondée sur des preuves scientifiques pour réduire les méfaits du tabac, tout en respectant les droits des consommateurs.

Une régulation progressive et mesurée

La loi chilienne distingue clairement les produits de vapotage et les sachets de nicotine des produits traditionnels de tabac. Ce cadre législatif permet d’encadrer leur utilisation en fixant des règles précises, tout en maintenant une séparation avec les cigarettes traditionnelles. Parmi les points clés de la nouvelle législation, la limitation de la concentration de nicotine dans les produits est fixée à 45 mg/ml, plus élevée que celle en vigueur dans l’Union européenne (20 mg/ml), mais en deçà de certaines limites observées sur d’autres marchés. Le Chili adopte ainsi une réglementation qui permet d’atteindre un équilibre entre accessibilité pour les adultes et protection contre l’accès des mineurs.

Par ailleurs, la loi interdit la vente de ces produits aux mineurs tout en permettant un accès réglementé pour les adultes, y compris la possibilité de faire de la publicité pour ces produits. Cela s’inscrit dans une démarche d’information transparente qui permet aux consommateurs de faire un choix éclairé entre le tabac combustible et les alternatives moins nocives.

Une approche soutenue par des preuves scientifiques

La réduction des risques liés au tabac est une stratégie reconnue à l’échelle mondiale pour réduire les taux de tabagisme et les maladies associées. Des pays comme la Suède et le Japon ont montré que l’adoption d’alternatives nicotiniques (telles que le snus, le tabac chauffé ou le vapotage) a contribué à une baisse marquée des taux de tabagisme, ainsi qu’à une réduction des maladies cardiaques et pulmonaires liées au tabac. Le Chili fait donc un choix stratégique fondé sur des preuves scientifiques, soutenant l’idée que ces alternatives sont jusqu’à 95% moins nocives que les cigarettes traditionnelles.

Une étude récente réalisée par des experts en réduction des risques a montré qu’en 2025, l’adoption d’alternatives comme le vapotage pourrait éviter jusqu’à 700 000 décès dans des pays comme le Chili, l’Irlande et Taïwan d’ici 2060. Ces chiffres montrent l’impact potentiel que peut avoir une politique de réduction des risques dans la lutte contre le tabagisme. Le Chili, en adoptant cette législation, cherche à protéger la santé publique tout en tenant compte des préférences des consommateurs qui préfèrent des alternatives à la cigarette traditionnelle.

Un contraste avec les politiques des pays voisins

Contrairement au Chili, des pays comme l’Argentine, le Mexique et le Venezuela ont opté pour des politiques prohibitionnistes, interdisant la vente de produits de vapotage. Cette approche n’a cependant pas eu les effets escomptés. L’Argentine, par exemple, interdit le vapotage tout en autorisant des produits comme le snus, créant ainsi des incohérences dans la politique publique. La Mexique a récemment renforcé ses restrictions en interdisant la vente des puffs, mais cette politique risque d’échouer si elle ne prend pas en compte les preuves scientifiques montrant que les alternatives nicotiniques moins dangereuses peuvent aider à réduire le tabagisme.

L’exemple du Venezuela, où le taux de tabagisme est encore élevé malgré l’interdiction des produits de vapotage, montre également les limites d’une approche qui ne repose pas sur la réduction des risques et sur des alternatives plus sûres.

Le Chili comme modèle pour l’Amérique Latine

L’approche chilienne repose sur un consensus scientifique qui privilégie le bien-être public tout en offrant aux consommateurs une possibilité de choisir une alternative moins risquée. En permettant l’accès à des produits tels que le vapotage et les sachets de nicotine, le Chili s’inspire de l’exemple de la Suède, qui est devenue un modèle avec un taux de tabagisme parmi les plus bas au monde, grâce à l’adoption du snus et d’autres alternatives au tabac comme les sachets de nicotines. Cette stratégie de réduction des risques a permis à la Suède de réduire significativement ses maladies liées au tabac, créant ainsi un système de santé plus efficace et moins coûteux.

Le Chili pourrait donc jouer un rôle de modèle pour d’autres pays d’Amérique latine en montrant que l’adoption de produits de réduction des risques peut, non seulement réduire les taux de tabagisme, mais également prévenir les maladies liées au tabac de manière plus efficace que les politiques prohibitionnistes.

Un pas en avant pour la santé publique

L’adoption de cette loi représente un tournant pour la politique de réduction des risques au Chili. Ce cadre législatif démontre que l’accès régulé aux alternatives nicotiniques, telles que le vapotage et les sachets de nicotine, offre une possibilité de sevrage efficace pour les consommateurs tout en protégeant la santé publique. En suivant l’exemple de pays comme la Suède, le Japon, et le Royaume-Uni, qui ont intégré des solutions de réduction des risques, le Chili peut espérer réduire considérablement les maladies liées au tabac et le coût des soins de santé.

L’adoption de cette loi fait du Chili un leader en matière de réduction des risques et un modèle pour les autres pays d’Amérique latine. Il est crucial que d’autres pays suivent l’exemple chilien pour maximiser les bénéfices pour la santé publique et aider les citoyens à faire des choix plus sûrs en matière de consommation de nicotine.

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