La prévention du tabagisme et de la dépendance à la nicotine ne relève pas uniquement du système de santé. Les entreprises ont également un rôle à jouer pour accompagner les salariés qui souhaitent arrêter de fumer ou réduire leur consommation. En facilitant l’accès aux dispositifs d’aide et en intégrant cette démarche à leur politique de santé au travail, elles peuvent contribuer à améliorer le bien-être des équipes tout en limitant les conséquences économiques du tabagisme.
L’exemple du Canada qui veut donner un rôle essentiel aux entreprises
En Ontario, au Canada, la Table d’action ontarienne sur la nicotine (Ontario Nicotine Action Table, ou ONAT) souhaite mobiliser davantage les employeurs dans la lutte contre la consommation de nicotine. Cette initiative réunit des acteurs de la santé, des chercheurs, des responsables publics et des organisations communautaires afin de coordonner les efforts de prévention et d’accompagnement au sevrage.
Pour Erin Dufour, responsable des programmes de promotion de la santé à la Lung Health Foundation, les milieux professionnels constituent un relais encore insuffisamment exploité. Les employeurs sont en effet en contact régulier avec leurs équipes et peuvent ainsi contribuer à orienter les salariés vers des ressources adaptées.
Cette mobilisation s’inscrit dans deux objectifs ambitieux : ramener le taux de consommation de tabac au Canada sous les 5 % d’ici 2035, puis réduire la consommation de toutes les formes de nicotine sous ce même seuil dans chaque groupe d’âge d’ici 2045.
L’enjeu dépasse désormais la cigarette traditionnelle. Cigarettes électroniques et sachets de nicotine diversifient les usages et rendent nécessaire une approche de prévention plus large.
Plusieurs mesures sont envisageables :
- prendre en charge certains traitements destinés au sevrage tabagique ;
- faciliter l’accès à des consultations ou à un accompagnement spécialisé ;
- informer les salariés sur les ressources disponibles ;
- orienter les personnes intéressées vers des professionnels de santé qualifiés.
L’objectif n’est pas de transformer les employeurs en soignants, mais de leur permettre de supprimer certains obstacles qui compliquent les démarches de sevrage. Les dispositifs proposés doivent privilégier les approches dont l’efficacité est scientifiquement documentée.
Il convient toutefois de ne pas réduire cette démarche à une simple stratégie de rentabilité. La dépendance à la nicotine est un enjeu de santé qui nécessite un accompagnement adapté, sans culpabilisation ni discrimination envers les personnes concernées.
Faire de la prévention une démarche collective
Les employeurs disposent d’un avantage précieux : ils peuvent diffuser des informations et faciliter l’accès à des ressources auprès de personnes qui consultent peu les services de santé. Une communication claire, des dispositifs confidentiels et un accompagnement volontaire peuvent favoriser le passage à l’action.
En définitive, la lutte contre la consommation de nicotine ne doit pas se limiter à interdire de fumer sur le lieu de travail. Elle peut aussi s’appuyer sur une politique de prévention bienveillante, qui donne aux salariés les moyens d’agir sur leur santé. En associant information, soutien financier et accès à des solutions éprouvées, les entreprises peuvent devenir des partenaires utiles dans la réduction du tabagisme et de la dépendance à la nicotine.
Sources :





