La Belgique a annoncé son intention d’interdire la quasi-totalité des arômes d’e-liquides pour les cigarettes électroniques à l’horizon 2028. Cette décision relance les débats sur les approches adoptées en Europe concernant les produits de vapotage et leur place dans les politiques de santé publique.
Ce que prévoit la mesure
La mesure a été validée par le Conseil des ministres sur proposition du ministre de la Santé publique, Frank Vandenbroucke, qui souhaite étendre à l’Union européenne de telles mesures préventives.Ça concerne directement les arômes disponibles sur le marché. Concrètement, à partir du 1er septembre 2028, l’offre autorisée serait fortement réduite :
-
- Seuls les arômes dits « tabac » classiques resteront autorisés.
- Une saveur qualifiée de « neutre » sera également tolérée pour les utilisateurs.
- Tous les autres arômes – fruités, mentholés, gourmands ou bonbons – seront définitivement retirés de la vente légale.
Les autorités belges justifient cette orientation par leur volonté de limiter l’attractivité du vapotage auprès des plus jeunes. Une période de transition est prévue afin de permettre aux acteurs du secteur de s’adapter à ces nouvelles règles.
Une tendance européenne
La Belgique n’est pas le premier pays européen à envisager ou à appliquer des restrictions sur les arômes de vapotage. Les Pays-Bas ont déjà adopté une réglementation similaire, tandis que d’autres États membres, comme le Danemark ou l’Estonie, ont également engagé des réflexions sur le sujet. Avec cette mesure, la Belgique deviendrait le vingtième pays dans le monde à interdire totalement, ou en grande partie, les arômes de vapotage jugés attrayants. À cela s’ajoutent au moins 46 pays qui interdisent déjà la commercialisation des produits du vapotage.
Ces évolutions témoignent d’un débat qui traverse aujourd’hui plusieurs pays européens. Certains responsables publics estiment que la limitation des arômes peut contribuer à réduire l’expérimentation des produits nicotinés chez les mineurs. D’autres soulignent le rôle que ces saveurs peuvent jouer dans la transition de certains fumeurs adultes vers des alternatives sans combustion.
Quel avenir pour la cigarette électronique ?
La multiplication des mesures encadrant le vapotage à travers l’Europe soulève des questions sur la place qui sera accordée aux produits à risque réduit dans les futures stratégies de lutte contre le tabagisme.
De nombreux acteurs de santé publique estiment qu’il est possible de concilier deux objectifs : renforcer la protection des mineurs face aux produits contenant de la nicotine, tout en préservant l’accès des fumeurs adultes à des alternatives susceptibles de les aider à s’éloigner de la cigarette combustible. Cette approche de réduction des risques a notamment été défendue lors du 3e Forum francophone sur la nicotine dans un manifeste appelant à des politiques fondées sur les données scientifiques, la prévention et l’accompagnement des fumeurs adultes.
Cette position rejoint également les conclusions de plusieurs travaux scientifiques. Dans son expertise sur la cigarette électronique, l’ANSES souligne notamment que les arômes jouent un rôle important dans l’usage de ces produits et dans les préférences des utilisateurs adultes. Leur suppression soulève donc des interrogations quant aux conséquences potentielles sur les parcours de sortie du tabac.
Dans ce contexte, les décisions prises aujourd’hui en Belgique pourraient constituer un indicateur important pour les autres pays européens qui réfléchissent à l’encadrement du vapotage et des produits nicotiniques à risque réduit.
👉Consulter le manifeste du Forum francophone sur la nicotine
Les prochains enjeux à observer
Au-delà de l’entrée en vigueur prévue en 2028, plusieurs questions resteront au cœur des débats. Les autorités devront notamment veiller à l’application effective de la réglementation et observer son impact sur les comportements des consommateurs.
Parmi les points de vigilance figurent notamment les achats transfrontaliers et le commerce en ligne, qui pourraient se développer en réponse à ces nouvelles restrictions.
Enfin, l’évolution des taux de tabagisme et le recours aux différentes alternatives nicotiniques seront des indicateurs particulièrement observés dans les années qui suivront la mise en œuvre de cette mesure.
Cette annonce intervient alors que l’Union européenne travaille actuellement à la révision de la directive sur les produits du tabac (TPD). Les futures règles pourraient notamment concerner les arômes, la fiscalité ou encore les modalités de vente de certains produits. Dans ce contexte, citoyens, consommateurs, professionnels de santé et acteurs concernés peuvent encore faire entendre leur voix dans le cadre de la consultation publique européenne en cours.
👉 Pour participer à la consultation européenne :
https://ec.europa.eu/info/law/better-regulation/have-your-say/initiatives/17612-Produits-du-tabac-et-publicite-en-faveur-du-tabac-revision-des-regles-de-lUE_fr




